En 2025, le trafic aérien commercial dépasse pour la première fois les 180 millions de passagers en France. Dans ce redressement global, les liaisons entre l’Hexagone et les Outre-mer se distinguent par leur résilience, à contre-courant du recul du marché intérieur.
La reprise du trafic aérien commercial s’est confirmée tout au long de l’année 2025, selon tendanCiel, l’indicateur mensuel publié par la direction générale de l’aviation civile le 26 janvier. En décembre, « le trafic aérien commercial de passagers affiche une croissance de +2,6 % en référence à 2024 ». Sur l’ensemble de l’exercice, la hausse atteint « +2,8 % au regard de 2024 et +1,9 % en rapport à 2019 », avec « quelques 183 millions de passagers transportés », franchissant « pour la première fois de son histoire, le seuil annuel des 180 millions de voyageurs ».
Derrière cette dynamique globale se dessine toutefois une géographie contrastée du trafic. Le marché intérieur poursuit « son effritement (-2,0 %) », porté principalement par la baisse observée sur « les liaisons transversales métropolitaines (-5,9 %) ». Sur l’ensemble de l’année, « le marché intérieur, à l’exception des liaisons reliant la Métropole aux Outre-mer, est en retrait en rapport à l’année précédente (-1,5 %) et se situe très en deçà de ses résultats de 2019 (-20,9 %) ».
Une singularité ultramarine dans le trafic intérieur
Cette exception ultramarine souligne le rôle particulier joué par les dessertes entre l’Hexagone et les territoires ultramarins. Alors que les liaisons strictement métropolitaines restent durablement affectées par des changements de comportements et une concurrence accrue d’autres modes de transport, ce qui est une bonne nouvelle pour l’écologie, les flux avec les Outre-mer apparaissent comme un socle plus stable du trafic intérieur. Ils participent ainsi au maintien d’un volume de passagers qui, sans ces liaisons, afficherait un repli encore plus marqué.
Le dynamisme international comme effet d’entraînement
Parallèlement, le trafic international « conserve une trajectoire dynamique » avec une progression de « +3,5 % » en décembre et de « +3,6 % » sur l’ensemble de l’année 2025 par rapport à 2024. Il dépasse nettement son niveau d’avant-crise avec « +7,3 % au regard de 2019 ». Certaines zones se distinguent particulièrement, l’Asie enregistrant « +8,7 % » sur un an, tandis que « le développement des relations avec l’Afrique reste soutenu », avec « +6,2 % en rapport à 2024 et +31,8 % au regard de 2019 ».
Dans ce contexte, les liaisons ultramarines s’inscrivent à la croisée du trafic intérieur et international. Leur résilience contribue à amortir le recul des liaisons métropolitaines et à soutenir un redressement global qui repose autant sur la reprise des échanges internationaux que sur la solidité des flux entre l’Hexagone et les Outre-mer.

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