, février 11, 2026

Les infrastructures numériques dans les DOM-COM : accélérateur ou frein au développement ?


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Les infrastructures numériques dans les DOM-COM : accélérateur ou frein au développement ?
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Table des matières

Dans les Départements et Régions d'Outre-mer (DOM-COM), le numérique prend une place de plus en plus importante dans le développement économique ultramarin, social et culturel. L'accès à internet rapide, aux technologies mobiles performantes, à la fibre optique ou aux réseaux satellitaires transforme les modes d'enseignement, de santé et de télétravail. Toutefois, même si les infrastructures numériques sont potentiellement un accélérateur important de développement, elles peuvent devenir un frein majeur. La question est donc de savoir si, dans les DOM-COM, les infrastructures numériques servent véritablement le progrès ou renforcent les inégalités.

Un déploiement du numérique en marche, mais inégal selon les territoires

Dans son rapport de 2024, L'Arcep (Autorité administrative indépendante des acteurs économiques et du pouvoir politique) mesure l'état des lieux de la connectivité fixe dans les DOM-COM. D'après le résultat de l'étude, environ 896 000 bâtiments sur 1 221 000 sont raccordables à la fibre optique. Cela représente un taux d'éligibilité au très haut débit filaire d'environ 81 % des locaux. Parmi ces derniers, 77 % disposent d'un débit minimal de 100 Mbit/s.

Cependant, tous les territoires ne sont pas au même niveau. La Guadeloupe, par exemple, affiche des taux élevés puisqu'environ 85 % des locaux sont éligibles, dont 82 % bénéficient d'un débit supérieur à 100 Mbit/s. La Martinique est sensiblement en retrait (71 % / 65 %), tandis que la Guyane ou certaines zones isolées restent en retard.

Sur le mobile, la couverture 4G est quasi générale dans les DOM-COM, surtout pour des opérateurs comme Orange ou Outremer Telecom. Mais la qualité de service, la densité des antennes, et l'accès à la 5G restent très variables selon les régions. En ce qui concerne l'internet par satellite, celui-ci commence à jouer un rôle dans les zones ultra-isolées. Néanmoins, ses coûts ou latences le rendent encore adapté à des usages spécifiques.

Les bénéfices des infrastructures numériques pour les DOM-COM

La facilité d'accès à la formation, au télétravail et aux services publics

Avec ce genre de dispositifs modernes, les DOM-COM peuvent mettre en avant l'enseignement à distance. De ce fait, les étudiants ont accès aux cours universitaires ou formations professionnelles sans nécessiter des déplacements coûteux. Le télétravail devient également possible pour beaucoup, ce qui peut réduire les dépenses.

Les services publics (administration, santé, justice) sont aussi transformés grâce aux télé-consultations, démarches en ligne, e-santé, e-famille, etc. Pour ceux qui vivent dans des îles ou dans des zones éloignées, ces infrastructures numériques représentent une opportunité majeure d'inclusion.

Le développement économique grâce au e-commerce

À l'aide des outils numériques, le e-commerce local s'épanouit, ce qui permet aux PME des Outre-mer d'élargir leur marché. De plus, l'écosystème numérique attire les investisseurs et favorise l'implantation d'entreprises technologiques ou de startups. Par ailleurs, l'innovation locale (logiciels, médias, solutions numériques adaptées aux réalités ultramarines) se développe mieux quand l'accès est fiable et rapide.

Les obstacles persistants et les défis à relever

La facture numérique

Malgré les avancées du très haut débit et l'essor de la 4G/5G, une fracture numérique persiste dans de nombreuses zones ultramarines. Dans les régions isolées de Guyane, de Mayotte ou encore dans certaines communes montagneuses de La Réunion, la fibre reste inaccessible ou instable. Les habitants doivent souvent se contenter d'un internet lent ou coûteux. À cela s'ajoute un écart de pouvoir d'achat qui rend les abonnements et les équipements numériques difficilement abordables. À de ces inégalités d'accès, il y a un grand fossé entre les territoires connectés et les zones en marge. Ainsi, cette situation limite les opportunités économiques, le télétravail ou l'accès à la formation en ligne, des éléments essentiels au développement équilibré des DOM-COM.

La dépendance vis-à-vis des opérateurs métropolitains

Lorsqu'il s'agit d'infrastructures numériques et de services télécom, les DOM-COM restent fortement dépendants des opérateurs métropolitains. Cette dépendance se traduit par une centralisation des décisions techniques et tarifaires en métropole. Faute de rentabilité immédiate pour les grands groupes, les investissements dans la fibre ou la 5G sont souvent plus lents à se concrétiser. De plus, la connexion internationale repose en grande partie sur des câbles sous-marins gérés depuis l'Hexagone. Par conséquent, les réseaux locaux sont vulnérables en cas de panne. Cette situation freine l'émergence d'acteurs locaux capables de proposer des offres innovantes et adaptées aux réalités économiques et géographiques des Outre-mer.

Les enjeux à venir pour un développement plus homogène

Pour garantir un développement numérique équitable dans les DOM-COM, plusieurs enjeux majeurs doivent être relevés. Tout d'abord, il s'agit d'accélérer le déploiement de la fibre optique et de la 5G dans les zones rurales et isolées. Les collectivités locales doivent être davantage impliquées dans la planification des infrastructures. Cette participation est indispensable afin d'adapter les solutions aux réalités géographiques. Ensuite, il est essentiel de renforcer la formation au numérique de sorte à réduire l'illettrisme digital et à favoriser l'inclusion. Enfin, la mise en place de partenariats public-privé ainsi que de programmes d'aide ciblés permettra de soutenir l'innovation et la compétitivité locale. Un développement numérique homogène est la clé d'une économie ultramarine durable et connectée.

Pour conclure, les DOM-COM ont déjà fait des progrès remarquables dans le déploiement des dispositifs numériques (fibre optique, couverture mobile très élevée, plans gouvernementaux ambitieux). Vu que ces avancées améliorent l'accès aux services publics et ouvrent des opportunités économiques, ce sont des accélérateurs de développement économique ultramarin.

Pourtant, le contraste entre territoires est réel. Dans certaines régions, la persistance du retard entrave le progrès des populations et des entreprises locales. Le coût, l'inégalité d'accès, et la dépendance technologique restent des obstacles sérieux.

Afin de garantir que le numérique soit un vecteur d'égalité, il faut accélérer les investissements, cibler les zones les plus défavorisées, encourager la participation locale, et rendre les offres plus abordables. Seule une stratégie concertée, associant État, collectivités, opérateurs et acteurs locaux, pourra assurer que l'infrastructure numérique ne soit pas seulement un luxe, mais un droit effectif pour tous dans les DOM-COM.

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