Face au projet de loi de finances 2026, les représentants du monde économique ultramarin dénoncent un « rabot » sans discernement sur la LODEOM. Du MEDEF aux chambres consulaires, l’appel à la mobilisation s’amplifie dans tous les territoires.
Depuis la présentation du projet de loi de finances 2026, les organisations patronales d’Outre-mer dénoncent une réforme qui « prévoit une réduction massive de la LODEOM sociale et des aides fiscales à l’investissement productif ». Dans leur pétition intitulée Mobilisation des acteurs économiques ultramarins pour la défense de l’emploi et des entreprises d’outre-mer, les présidents des MEDEF ultramarins préviennent : « Ces coupes pourraient atteindre 800 millions d’euros par an, mettant en péril des milliers d’emplois, la survie de nos TPE-PME, et l’équilibre de notre tissu économique local. »
Le texte insiste sur le rôle essentiel du dispositif, rappelant que « les exonérations et aides à l’investissement sont des outils indispensables pour compenser les surcoûts liés à l’insularité, à l’éloignement et à la petite taille de nos marchés ». Les signataires alertent : « Supprimer ou réduire fortement ces dispositifs, c’est provoquer une hausse brutale du coût du travail, un frein à l’embauche, une perte de compétitivité et une concentration économique au profit de quelques grands groupes. »
Mobilisation des chambres consulaires et du patronat
Dans le même esprit, la chambre de commerce et d’industrie de Saint-Martin a adopté une motion intitulée Défendre nos entreprises, c’est défendre Saint-Martin. Celle-ci affirme que « toute atteinte portée aux dispositifs d’allègement et de compensation fragilise directement le tissu économique local ». La CCI y souligne également que « les entreprises saint-martinoises, déjà confrontées à des coûts structurels très élevés, ne survivraient pas à une telle remise en cause ».
Les acteurs économiques guadeloupéens se sont aussi saisis du sujet à travers l’UDE MEDEF, qui a diffusé une infographie chiffrée montrant l’effet d’un retrait partiel de la LODEOM : +15 % de charges sociales, −20 % d’investissements productifs, et un impact direct sur « des milliers d’emplois dans le bâtiment, le commerce et les services ». Ce document synthétique, largement relayé dans les réseaux professionnels, vise à illustrer visuellement ce que les signataires de la pétition qualifient de « rabot destructeur ».
« Une faute économique et politique »
Du côté de la FEDOM, son président Hervé Mariton estime que « ce projet de réforme constitue un coup de rabot sans discernement ». Il ajoute : « Ce serait une faute économique et politique que d’affaiblir ainsi les économies ultramarines. » Pour lui, « les entreprises ultramarines se voient imposer un effort dix fois supérieur à celui des entreprises de l’Hexagone ».
Les représentants économiques insistent désormais sur la nécessité d’une concertation. « Nous demandons au gouvernement de suspendre ces mesures et d’engager un travail de fond avec les acteurs économiques des territoires », écrivent les signataires de la pétition, qui concluent : « L’emploi, la cohésion sociale et la continuité économique entre l’Hexagone et l’Outre-mer sont en jeu. »
Dans le même sens, plusieurs parlementaires ultramarins appellent à une réforme « courageuse et intelligente » plutôt qu’à « un rabot aveugle ».
Un front commun pour la défense de l’emploi
Partout, la mobilisation s’organise : signatures, motions, infographies, prises de position publiques. Pour les acteurs économiques d’Outre-mer, la bataille de la LODEOM dépasse la simple question budgétaire. Elle incarne, selon les mots de la pétition du MEDEF, « la défense de l’emploi, de la justice économique et de l’égalité réelle entre les territoires ».

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