, février 11, 2026

Le gouvernement réaffirme son soutien à la LODEOM


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Le gouvernement réaffirme son soutien à la LODEOM
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Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé le 12 novembre dernier le maintien de la LODEOM tout en annonçant des adaptations territorialisées, après des semaines de tensions sur la réforme du dispositif.

Lors de la séance des Questions au Gouvernement du 12 novembre, Sébastien Lecornu a présenté les orientations de l’exécutif pour le développement économique des Outre-mer. Le Premier ministre a salué « la qualité du travail transpartisan conduit par la délégation aux Outre-mer », autour d’une réflexion sur « le modèle productif et économique propre à chaque territoire ultramarin », selon le communiqué publié par Matignon.

Le chef du gouvernement a souligné que, si « certains sujets sont transverses et communs à l'ensemble des territoires », l’État reconnaît désormais « la nécessité d'adapter les dispositifs existants aux réalités économiques, géographiques et institutionnelles propres à chaque territoire ». En première ligne de ces outils figure la Loi pour le développement économique des Outre-mer (LODEOM), que le Premier ministre considère comme un levier central de soutien à l’emploi et à la production locale.

Sébastien Lecornu a ainsi confirmé que le Gouvernement ne reviendrait pas sur le vote du Parlement concernant LODEOM. Une précision importante alors que la réforme du dispositif a suscité une vive inquiétude parmi les élus et les acteurs économiques ultramarins. Selon le communiqué, le gouvernement prévoit « une étude d’impact détaillée, territoire par territoire, afin de mieux mesurer les effets économiques et sociaux de ces dispositifs ».

Cette annonce intervient dans un climat de contestation marqué. Dans sa lettre d’information du 3 novembre, la Fédération des entreprises d’Outre-mer (FEDOM) rappelait que les récentes prises de position de Matignon s’inscrivaient dans un contexte plus large où de nombreux acteurs économiques et élus des Outre-mer avaient dénoncé les impacts de la réforme de la LODEOM. L’organisation estime que l’article 9 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 opérait, en effet, une amputation massive du dispositif à hauteur de 350 millions d’euros par an.

Selon la FEDOM, cette évolution aurait écrasé l’avantage différentiel du régime, fragilisé les petites entreprises et détruit la dynamique positive de l’emploi. Elle jugeait donc la réforme « profondément injuste et destructrice » et demandait le report de toute réforme de la LODEOM au PLFSS 2027. L’organisation déplorait en outre « l’absence totale d’étude d’impact de la part du Gouvernement ».

Ces tensions avaient déjà été au cœur des discussions lors de la rencontre du 29 octobre entre les députés de la délégation aux Outre-mer et les ministres des Comptes publics et des Outre-mer. À l’issue de cette réunion, les parlementaires s’étaient déclarés « combatifs », malgré l’absence d’inflexions sur « l’amputation de 750 millions d’euros de soutien par an » aux entreprises ultramarines.

En réponse à ces préoccupations, Sébastien Lecornu a réaffirmé devant les députés la volonté du gouvernement de « développer un modèle productif ultramarin global », intégrant « la levée de freins européens sur certains secteurs comme la pêche, l’agriculture et l’économie du bois ». L’objectif, selon lui, est de « renforcer le développement économique, la création d’emplois et la dynamique de consommation dans les Outre-mer ».

Le Premier ministre a également rappelé l’importance du futur projet de loi contre la vie chère, « piloté par la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou », qui visera à « améliorer le pouvoir d’achat et réguler les marges et monopoles dans les territoires ultramarins ».

Dans la perspective de 2026, le gouvernemnt précise que « ce dispositif qui favorise les investissements productifs sera particulièrement mobilisé » pour accompagner la reconstruction de Mayotte et la relance de l’économie de Nouvelle-Calédonie.

Entre volonté gouvernementale d’adaptation et inquiétude du monde économique, le débat sur l’avenir de la LODEOM illustre la complexité d’un équilibre à trouver entre soutenabilité budgétaire et développement des économies ultramarines.

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