Du 6 au 9 décembre, Gérald Darmanin a présenté dans les îles du Nord, en Guadeloupe puis en Martinique les mesures judiciaires et pénitentiaires qu’il entend déployer.
Début décembre, le ministre de la Justice a entamé un déplacement marqué par plusieurs annonces structurelles. Dès le 6 décembre, il a affirmé être « à Saint-Martin, dans les Antilles, sur le chantier de la future Cité administrative et judiciaire » et s’est dit « fier d’annoncer la création d’un tribunal judiciaire de plein exercice, le premier créé en France depuis les années 1970 ». Selon la collectivité, cette étape portait sur « le chantier de la CITAJ » et a confirmé « la création d’un tribunal de plein exercice d’ici deux ans ». Il a rappelé que cette évolution s’inscrit dans « la préfecture de plein exercice de Saint-Martin Saint-Barthélemy ».
Lors de ce même déplacement, il a annoncé l’ouverture d’une maison d’arrêt de soixante places en indiquant que « les établissements pénitentiaires de Guadeloupe accueillent en moyenne une centaine de détenus originaires de Saint-Martin ». Il a expliqué que ce futur établissement constitue « une réponse à la demande de prison des élus de Saint-Martin ». La collectivité a précisé que « le président Louis Mussington a remis une proposition de mise à disposition de foncier au ministre ». Il a ajouté que la construction « tiendra compte des particularités locales » et que « les entreprises locales devront également être associées ».
Le 7 décembre, à Saint-Barthélemy, une réunion consacrée au narcotrafic a rassemblé forces de sécurité et autorités judiciaires. Le ministre a indiqué qu’« à l’issue de cette réunion, le constat est sans appel : le trafic de drogue, notamment de cocaïne, prend de plus en plus de place dans la région ». Il a annoncé la création « d’un poste de juge d’instruction et d’un substitut du procureur compétent pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy, dès septembre 2026 », évoquant « un engagement fort pour protéger nos concitoyens ».
Le même jour, en Guadeloupe, il a expliqué être venu « présenter [ses] respects et [ses] remerciements aux guadeloupéens et aux agents du service public de la Justice ». Il a estimé que l’île fait face à « une pression croissante liée à la criminalité organisée » et a annoncé la création « de trois postes de magistrats dès septembre 2026 ». Il a précisé que ces moyens s’accompagneront d’« une nouvelle méthode de travail dans une nouvelle circulaire de politique pénale, centrée sur la lutte contre la criminalité organisée », comprenant aussi « le fléau des violences intrafamiliales ». Il a assuré que la création du tribunal de Saint-Martin « permettra de désengorger les juridictions de Guadeloupe et de rendre une justice plus rapide ».
Annonces pénitentiaires et inauguration en présence des élus martiniquais
Le 8 décembre, il a rappelé que « la livraison d’une nouvelle maison d’arrêt à Basse-Terre » et l’avancement du centre pénitentiaire de Baie-Mahault offriront « des conditions de détention conformes aux standards républicains ». Il a précisé qu’« en tout, 350 nouvelles places arrivent et arriveront dans les prochains temps ». Le même jour, il a inauguré la maison d’arrêt de Basse-Terre et visité le centre pénitentiaire de Baie-Mahault en affirmant être « comme toujours à l’écoute de tous les courageux agents de l’administration pénitentiaire ».
En Martinique, où il s’est rendu le 9 décembre, il a indiqué être venu « réaffirmer le soutien de l’État aux forces de sécurité intérieure et aux acteurs de la Justice ». Sur ce territoire, il a inauguré le SAS de Ducos en présence des élus martiniquais. Il a déclaré que cette structure « permettra de mieux accompagner les personnes détenues dans leur réinsertion » et qu’elle s’inscrit dans la volonté de « moderniser les sites pénitentiaires des Outre-mer ».
À l’Université des Antilles, il a rappelé que « les candidats des Outre-mer admis au concours de l’ENM représentent moins de 1 % des lauréats » et a signé la lettre d’engagement pour ouvrir « dès septembre 2026, une classe Prépa-Talents ENM, la première en Outre-mer ».
Actions sociales et échanges institutionnels
Lors de sa visite à la Maison des femmes des Abymes, il a assuré que « la protection des femmes victimes et, plus largement, des victimes de violences intrafamiliales est une priorité absolue » et a salué « l’engagement des services de police » mobilisés sur place.
Selon la Région Guadeloupe, une rencontre a permis d’aborder « la justice de proximité, la prévention de la délinquance, et le soutien aux politiques publiques locales visant la cohésion sociale ». La Région estime que cet échange « s’inscrit dans la continuité du dialogue engagé entre l’État et la Région ». Le déplacement s’est poursuivi par ses échanges avec les acteurs judiciaires et institutionnels de Martinique.

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